La première fois que j'ai reçu une blessure grave

*Toujours souriant votre ami Wilfried vous fait signe de venir près de lui pour l'écouter*

 

Je vous salue bien bas compagnons, récemment je vous ai conté comment j'étais devenu forgeron.

Un autre événement survenu dans ma vie jusqu'à maintenant, qui a mes yeux est aussi prenant que la perte de mon père, est la perte de l'usage de ma jambe.

 

Comme la plupart d'entre vous on pu le remarquer, je suis dans l'incapacité de la plier et suis condamné à errer sur cette terre en boitant fortement, m'empêchant d'être un combattant actif.

 

Mais soit remontons en arrière, après la perte de mon père et l'absence d'aide venu des autorités, je revendis les biens de toute ma famille. Etant le seul descendant, je ne pouvais me résoudre à rester dans la ville qui a vu décéder mes parents.

 

Je devins donc forgeron itinérant, proposant mes services dans les villages que je croisais contre le gîte et le couvert et de petites sommes d'argent.  Juste de quoi subvenir à mes besoins et celui de mon cheval en vivant dans la simplicité.

 

Après quelques années d'itinérance, alors que l'après-midi touchait à sa fin. J'avais ce jour-là été rejoint par un groupe de voyageurs parcourant les terres vers le Nord, ils m'avaient proposé de me joindre à eux pour le voyage, notre prochaine étape étant commune.

 

J'acceptais leur offre et m'insérais donc dans leur convoi, j'appris par leur chef que ce groupe était des artistes eux aussi vivant depuis des générations dans l'itinérance et qu'ils utilisaient le même concept de paiement que moi pour vivre.

 

J'aperçus des jongleurs, un cracheur de feu et autres métiers du spectacle tandis que je continuais de parler avec leur chef de leur manière de vivre, de s'installer et de proposer leurs services en échange. J'expliquais la mienne et nous échangeâmes divers conseils qui nous semblèrent utiles.

Les heures filaient, nous passions des ponts et des plaines et des forêts, ce qui me donna l'impression de voyager à bonne vitesse alors que nous allions au pas tranquillement jusqu'au village prochain.

A une ou deux lieues du village, une flèche vint se planter dans le bois du premier chariot à coté duquel j'étais placé, ne voyant pas de tireur le conducteur donna ordre de forcer l'allure tandis que ceux qui savaient se battre les couvriraient à cheval.

 

Les chevaux passèrent au trot mais c'était trop tard ou presque, les malandrins étaient sur nous à vingt contre dix, il était couru d'avance que nous mourrions. Deux jeunes garçons tombèrent aussitôt, transpercés de flèches.

 

Les cavaliers se regroupèrent, je les rejoignis pour me rendre utile, nous fîmes charger nos montures vers les assaillants qui chargeaient par la gauche. Je pensais que charger avec un cheval de trait pourrait les impressionner.

 

Malheur m'en prit, un trou camouflé et un coup d'épée tuèrent ma monture tandis que je roulais au sol, je me relevais sonné titubant légèrement mais d'autres cavaliers protégeant le convoi m'entourèrent pour me soutenir.

 

Mon couteau toujours à ma taille ne fut pas dégainé car on me tendit une épée, je chargeais en suivant le mouvement des autres pour permettre aux autres membres du convoi d'atteindre le village et de faire venir du renfort.

 

Mon premier adversaire fut rapidement mis à terre, une esquive me permit de le faire trébucher alors qu'il chargeait sans discernement. Les adversaires qui suivirent après furent plus coriaces, je mis un peu de temps, mais aidé par les autres défenseurs j'en vins à bout.

 

Alors que nous étions en train de nous replier vers le village, une douleur cinglante me paralysa. Je ne fis pas plus attention sur le moment, contrant un épéiste qui  se proposait de m’ôter la vie. La flèche dans ma jambe se rompit quand je pivotais au sol au moment où il allait frapper.

 

Il recula pour de nouveau attaquer, je tentais de me lever mais la douleur et les élancements me donnèrent des vertiges. Je tombai au sol voyant flou, en tenant fermement mon couteau alors qu'un des défenseurs entreprit de me tirer vers le pont. Les autres se mirent entre l'épéiste et moi.

 

Je me sentis soulevé alors que j'étais dans le noir, je ne sais pas combien de temps ni par qui, mais je me réveillais au village que j'aurai du atteindre. Les soldats de celui-ci étaient intervenus et m'avaient trouvé délirant sur le pont, le corps d'un jeune homme en travers du mien.

 

Le médecin, en  souriant avec douceur,  m'expliqua que la pointe avec sectionné le tendon qui aidait la jambe à se plier mais qu'il avait pu éviter l'amputation. Je le remerciais, tentant de lui expliquer malgré ma faiblesse que je n'avais rien pour payer.

 

Il me rassura et me dit que les saltimbanques avaient tout réglé et  désigna mon sac où trônait mon couteau en m'expliquant qu'il avait juste récupéré cela. Je tendis le bras vers le couteau, on me le tendit et je le plaçais sous mon oreiller en souriant et expliquant au médecin sa valeur.

 

Il acquiesça et me fit boire une tisane pour me permettre de me reposer ensuite. Au fil des jours, je reprenais force et vigueur et tentait lentement de me lever en connaissance de cause, j'essayais de plier la jambe, mais rien, aucune réaction.

 

Je regardais la forme de la plaie quand on me changeait mes bandages,  la comparant aux instruments de soins présents puis à ma dague et demandais une explication du regard. Le médecin m'expliqua alors que seul mon couteau avait la bonne taille pour la cautérisation et m'appris la marche à suivre dans le cas où j'aurai du le refaire sur moi ou sur quelqu'un.

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